18 décembre 2008

Babylon-Jack (back)

On a tous eu un jour cette sublime envie de poésie, rêver d'un parfait lorsque nos doigts noircis par l'encre d'un journal de mauvaise qualité empoigne cette fourchette sale, due a la flemme de ne faire ne serait-ce qu'un peu de vaisselle, pour manger les mêmes haricots verts parce qu'y'a plus que ça avec un peu de pâtes trop cuites dans une eau dégueulasse. Donner l'impression d'une vie teintes de gris car le décor d'une grande ville occidentale a ruiné les couleurs des tableaux de grands peintres. Qui l'avait compris sinon les ados qui découvrent la photo monochrome. Alors on salit un bout de papier et derrière la liste de course on s'essaye à quelques quatrains. L'air est sale donc on pense a un parc verdoyant. Des lumières chaleureuses, quelques fleurs orangées parsemant l'herbe. La rosée qui coule sur une joue pleine de vie et deux amants s'embrassant sur un napperon nacré rayé de rouge. Le bleu du ciel sature l'horizon, l'on y voit si bien qu'on en aurait mal aux yeux.. même en rêve. Tout ceci n'est qu'illusion et nulle poésie ne pourrait nous faire oublier si triste réalité. Au mieux on lit la charogne de Baudelaire, qui reflète si bien la réalité. La vie est un germinal post-moderne. Je vois Étienne Lantier tous les matins partir travailler en vélo sur un bleu de travail, rendu noir par toutes sortes d'huiles, d'hydrocarbures et de pollution, décidément on en finit plus de citer des couleurs chaudes et mon monde redeviens noir et blanc, j'ai l'impression de vivre a l'époque des premières télévisions, en dégradés de gris. La nature nous révèle ses plus beaux atours, « la nuit tous les chats sont gris. »

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